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Entretien avec Éric Brunet, auteur de L’Obsession gaulliste : "On n’ose plus toucher au gaullisme"

Éric Brunet est l’auteur de L’Obsession gaulliste (Albin Michel), un essai dans lequel il défend l’idée que la France de 2017 est paralysée par l’héritage gaulliste de l’après-guerre. Selon l’animateur de RMC, la pensée du général De Gaulle, qui n’était pas un libéral, empêche la droite française de mener les réformes dont le pays a besoin. Il a accepté de répondre aux questions de Non Stop Politique.

Plus de 46 ans après sa mort, l’ombre du général De Gaulle continue de planer sur la vie politique française. Pour Éric Brunet, c’est insupportable. Dans son essai L’Obsession gaulliste (Albin Michel) l’animateur radio et essayiste s’en prend aux "fétichistes" de droite comme de gauche pour qui le gaullisme constituerait l’horizon indépassable de la France. Au point d’empêcher les réformes dont le pays a besoin.

"On est tellement attaché au gaullisme qu’on n’ose plus y toucher. Tout le monde est gaulliste, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, et cela a fini par se confondre avec les valeurs de la République", regrette Éric Brunet. La droite française, en particulier, s’avère incapable de mener la politique libérale que réclamerait le monde d’aujourd’hui. L’auteur évoque le Royaume-Uni de Margaret Thatcher, l’Allemagne de Gerhardt Schröder et l’Italie de Matteo Renzi qui ont tous pris le tournant libéral tandis que la France continuerait de ruminer les vieilles lunes gaullistes.

L’État providence "sanctifié"

En cause, "l’inflexion très particulière" donnée par De Gaulle à la droite française. Le pacte conclu pendant la guerre par le général avec les communistes au sein du Conseil national de la résistance (CNR), indispensable à l’époque tant le poids politique du "Parti des fusillés" était important, aboutit à la création de "l’État providence" (vaste plan de nationalisations, augmentation des salaires, création de la sécurité sociale et du système des retraites, instauration d’un droit du travail plus strict…).

Aujourd’hui ce même État providence a été "sanctifié" par la gauche et "contribue au décrochage de plus en plus net de notre pays", affirme Éric Brunet. Certes, il y a des tentatives de remise en cause : en proposant la fin des 35 heures, l’augmentation de l’âge du départ en retraite, la réduction des allocations chômage ou encore la suppression de centaines de milliers de postes de fonctionnaires, le programme de François Fillon "constitue indéniablement une rupture au regard de la doxa gaulliste."

De Gaulle rassure

Mais le député de Paris ne peut s’abstraire complètement de l’influence du général, dont il continue d'ailleurs publiquement de se réclamer. Fillon agit par nécessité, pour rassurer les électeurs qui ont peur "qu’on chamboule tout." "Quand on leur dit, bon, je vais réformer, mais rassurez-vous, je suis gaulliste, ça passe tout de suite mieux", s’amuse Éric Brunet.  

François Fillon a d’autant plus besoin du vernis gaulliste pour défendre son programme qu’il est aussi contesté en interne par une partie des Républicains. Christian Estrosi ou Laurent Wauquiez, pour ne citer que les exemples les plus récents, ne se privent pas de l’attaquer sur le volet social de ses propositions.

Emmanuel Macron en embuscade

Pour Éric Brunet, le candidat LR va pourtant devoir agir, sinon il se rendra coupable de "non-assistance à France en danger." Selon lui, si François Fillon n’applique pas en 2017 le remède de cheval qui n’a que trop tardé, c’est la gauche qui s’en chargera en 2022, "mais en les contrebalançant par des mesures égalitaristes et liberticides." À moins qu’Emmanuel Macron ne prenne tout le monde de court ? Pour Brunet, le fondateur d’En Marche ! est celui qui incarne le mieux "la rupture libérale."

Entretien avec Éric Brunet, auteur de L’Obsession gaulliste :
Pour l'animateur radio et essayiste Éric Brunet, la France un problème avec l'héritage du général De Gaulle / ©Non Stop Politique
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