Debout le France EELV En Marche Mouvement pour la France Mouvement républicain et citoyen (MRC) Nouvelle Donne Parti chrétien-démocrate Parti écologiste undefined Walwari Les Républicains UDI Parti Socialiste Front National Union des Démocrates et Indépendants MODEM Europe Ecologie Les Verts Nouveau Parti Anticapitaliste Lutte Ouvrière Front de gauche Parti Communiste Parti de Gauche Parti Radical de Gauche Debout la France
#on en parle
Pas vu à la télé

Loi Travail : comment François Hollande a torpillé les frondeurs

Dans un nouveau livre de confidences à paraître en octobre, "Un président ne devrait pas dire ça..." (éditions Stock), François Hollande revient sur la période de fronde socialiste au cours du débat sur la Loi Travail. Le président de la République raconte comment il a mis à l'écart les frondeurs socialistes pour permettre le passage en force de la controversée loi El Khomri.

Un président ne devrait pas dire ça... : voici le nouveau livre de confidences de François Hollande (à paraître le 12 octobre aux éditions Stock). Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont ainsi rencontré le chef de l'État à 60 reprises entre avril 2012 et juillet 2016, avec plusieurs conditions : pas de conseiller pendant les entretiens, enregistrement obligatoire et pas de droit de modification sur ses propos. Le Monde révèle un premier extrait de cet ouvrage : l'épisode de la Loi Travail, ou comment François Hollande a mis à l'écart les frondeurs pour permettre le passage en force de cette loi (définitivement adoptée grâce à l'article 49-3 en juillet 2016). Le premier recours au passage en force a été décidé le 8 mai, deux jours avant son utilisation. Ce jour-là, François Hollande s'entretient à l'Élysée avec Manuel Valls, Myriam El Khomri et Bruno Le Roux. Boris Vallaud, le secrétaire général adjoint de l'Élysée, a fait les comptes : il est trop risqué pour l'exécutif de tenter un vote, notamment à cause des frondeurs socialistes. Le recours au 49-3 est acté.

Les frondeurs écartés

Le gouvernement adopte alors une stratégie : "Feindre de croire que tout le monde est de bonne volonté, avant de constater que les efforts ne sont consentis que du côté de l'exécutif". L'objectif est d'écarter définitivement les frondeurs du texte de la Loi Travail. Suivant les conseils de Boris Vallaud, François Hollande rejette chacun des amendements proposés par un frondeur socialiste. Il ne faut retenir "aucun des 84 amendements déposés par Jean-Marc Germain, aucun parmi les 128 proposés par Pascal Cherki et aucun parmi les 7 déposés par Christian Paul", résume le secrétaire général adjoint de l'Élysée. Les trois hommes sont tous des frondeurs de la première heure, Christian Paul étant leur chef de file. 460 à 470 amendements sont retenus parmi les 5000 amendements proposés, aucun n'émane d'un frondeur socialiste.

Des sanctions pour les contestataires

Le mardi 10 mai, Manuel Valls annonce donc le recours à l'article 49-3 de la Constitution. Des députés de la majorité s'associent pour tenter de déposer une motion de censure. François Hollande demande alors à son ami Jean-Christophe Cambadélis de dissuader les députés frondeurs. "Ce que voulait faire une très grande majorité des députés socialistes, une petite minorité pouvait décider du contraire ? C'est la dissuasion du plus faible au plus fort", s'agace François Hollande dans ce livre. Le Premier secrétaire du Parti socialiste menace donc les frondeurs de leur retirer leur investiture pour les élections législatives de 2017. Finalement, la motion de censure ne sera pas déposée pour 2 petites voix (56 signatures sur 58 nécessaires). Et le président de régler - au moins provisoirement - le problème des frondeurs.

Loi Travail : comment François Hollande a torpillé les frondeurs
François Hollande raconte la lutte avec les frondeurs sur la Loi Travail / ©maxppp
Ajouter un commentaire